- Série
- Will AI Fix Work ?
- Numéro
- Épisode 10
- Publié le
Où il est question de sécurité psychologique !
… où il est question de sécurité psychologique !
Peu de personnes comprennent l’importance de la sécurité psychologique au travail, les travaux d’Amy Edmondson sont pourtant éclairants sur ce sujet, mais la remise en cause pour les organisations est difficile. Est-ce que l’essor de l’intelligence artificielle que nous vivons actuellement est une opportunité de changement sur ce point ?
Des systèmes d’IA conversationnelle (ou compagnons) pourraient nous fournir un environnement de travail plus sûr et plus équilibré, en analysant objectivement les comportements, en prenant à son compte une partie de la charge de travail, en renforçant la confiance dans le travail, et en accompagnant des situations stressantes.
La promesse, une fois de plus, est belle.
Néanmoins, au delà de la technologie à améliorer, il reste des questions éthiques à adresser et des inquiétudes qui doivent être levées.
J’évoquais dans une précédente édition les types de compagnons que nous allions avoir dans l’environnement de travail, dissociant ceux qui allaient être portés par l’entreprise de ceux qui nous resteraient personnels (et donc potentiellement cachés).
Tout cela n’existe pas encore, mais nous pouvons nous nourrir des études faites sur les compagnons existants actuellement, notamment celle réalisée auprès des utilisateurs de Replika.com.
Dans cette étude, les utilisateurs ont mentionnés trois raisons d’aimer leurs compagnons IA :
1. Ils aident les gens à se sentir moins seuls, car ils ne se sentent pas jugés par elle.
2. Ils sont toujours disponibles et gentils. Les utilisateurs ont l’impression de pouvoir établir de bonnes relations avec eux.
3. Ils disent aux utilisateurs ce qu’ils veulent entendre.
Le dernier avantage peut sembler à double tranchant, mais les utilisateurs ont apprécié la relation avec quelqu’un qui ne les met pas au défi.
Tout cela va bien dans le sens du modèle de sécurité psychologique qui pourrait servir notre futur au travail, a minima sur le volet personnel. En effet, ce modèle promet à chacun une expression libre et une prise de risques sans crainte de jugement. Il reste à demander aux compagnons personnels de nous aider dans le collectif. C’est bien à l’aune de l’innovation et de la performance des équipes que l’apport sera évalué.
Mais l’IA peut avoir des effets négatifs sur la sécurité psychologique, comme la surveillance constante ou la peur d’être remplacé. Pour promouvoir la sécurité psychologique avec l’IA, les entreprises devront miser sur la transparence, travailler collectivement aux règles d’usages, lutter contre les biais algorithmiques, gérer le risque de dépendance, et surtout…, préserver l’authenticité des relations humaines.
Quoi qu’il en soit, naviguer dans le monde complexe de l’IA nécessite plus qu’une expertise technologique. Il faudra bien un environnement psychologiquement sûr qui encourage l’apprentissage, l’expérimentation et des conversations honnêtes sur son adoption.
