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Série
Will AI Fix Work ?
Numéro
Épisode 24
Publié le

Où il est question d'accepter d'être « mauvais ».

… où il est question d’accepter d’être « mauvais ».

“C’est incroyable ce que l’IA peut faire !” Cette phrase, je l’entends à chaque intervention.

Mais récemment, une expérience m’a fait réaliser que le véritable enjeu n’est peut-être pas là.

En encadrant un groupe d’étudiants, j’ai vécu un de ces moments qui vous font sourire puis prendre du recul.

Leur pitch était solide, vraiment. Trop, peut-être ? Par curiosité, j’ai testé le même brief sur ChatGPT… Et là, stupeur : exactement la même proposition de “solution”.

L’anecdote pourrait prêter à sourire, mais elle révèle un phénomène plus profond : nous sommes en train de créer une forme de “conformité cognitive”.

L’étude intitulée « L’impact de l’IA générative sur la pensée critique » (The Impact of Generative AI on Critical Thinking en anglais) portée par le centre de recherche Microsoft de l’université Cambridge, au Royaume-Uni, et l’université Carnegie Mellon, en Pennsylvanie confirme cela.

Plus nous faisons confiance à l’IA, moins nous activons notre esprit critique.

Plus une tâche est jugée simple, plus elle est déléguée à l’IA… et moins on questionne le résultat.

Le problème n’est pas l’IA, c’est le rôle que nous lui donnons.

Nous en faisons un oracle, alors qu’elle devrait être un partenaire de réflexion.

Et les conséquences commencent à se voir :
- Des analyses “copier-coller” qui se ressemblent toutes
- Des idées formatées, lissées, consensuelles
- Des contenus sans personnalité, sans aspérités

Le paradoxe est là : l’IA ne tue pas la créativité, elle la rend prévisible… quand on l’utilise mal.

Alors que faire ? Et si la solution était d’accepter d’être “mauvais” pour redevenir vraiment bons ?

Dans un monde d’optimisation permanente, notre valeur humaine réside peut-être dans notre capacité à nous tromper intelligemment, à prendre des chemins de traverse, à oser l’absurde.

La vraie disruption ne serait-elle pas de préserver nos failles… pour rester fondamentalement humains ?

Je prototype actuellement un atelier sur les rôles et la relation que vous pouvez avoir avec votre ou vos IAs.

Si ça vous dit de le tester, contactez-moi 😎