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Série
Will AI Fix Work ?
Numéro
Épisode 34
Publié le

Où l'on reparle des compétences à l'heure de l'IA.

En 1990, Peter Senge publiait The Fifth Discipline. Il y formulait la promesse de la learning organization : une organisation qui apprend par la pratique partagée, pas par l’accumulation de savoirs.

Trente-cinq ans plus tard, l’IA nous aide forcément sur le volet accumulation, mais qu’en est-il de la pratique partagée ?

Avec blueKiwi, nous avions exploré le réseau social comme socle de connaissances partagées. La promesse était belle, notre slogan : “pour des conversations fructueuses”. Si la technologie et les usages associés étaient jeunes (c’était il y a vingt ans), l’enjeu, lui, était culturel et humain. Il l’est resté quel que soit l’outil. Mais lorsque la sauce prend, les usages de Notion aujourd’hui l’illustrent bien, l’IA nous amène un cran plus loin, en exploitant le contexte de connaissances déjà transcrit dans l’outil.
Ross Dawson (dont je recommande la communauté Humans+AI) a partagé récemment un framework AI-Powered Knowledge Transfer > Capture, Access, Transfer, Amplify : plusieurs patterns, quelques chiffres qui les valident (voir ci-dessous). On y voit une forme d’extraction assumée.

L’IA aide clairement, mais qu’en est-il de la connaissance tacite, chère à Polanyi ? “We know more than we can tell.” Cette connaissance en action, qui n’existe que quand un humain l’exerce, avec jugement, en contexte. On se rapproche ici de la vraie compétence.

Quand on pratique Claude Code, le fichier CLAUDE.md accumule au fil des sessions les conventions du projet, les choix d’architecture, les pièges évités. L’expert n’est pas vidé, il est accompagné dans l’explicitation de ce qu’il fait en le faisant. La compétence reste chez lui, le contexte se dépose à mesure. Ce n’est plus de l’extraction. C’est de la conversation, avec mémoire, mais autour du texte. Avec le développement de la multimodalité (voire des world models), des métiers entiers pourraient en bénéficier.

Peut-être que pour la première fois depuis Senge, la learning organization est techniquement accessible. Pas parce qu’un outil capture mieux, mais parce qu’il apprend avec nous, session après session, en laissant la compétence là où elle doit rester : chez celui qui l’exerce.