- Série
- Will AI Fix Work ?
- Numéro
- Épisode 35
- Publié le
Où il est question de reprendre la place de copilote.
… où il est question de reprendre la place de copilote.
Que se passe-t-il quand un expert redevient apprenant, et que son professeur, c’est l’IA ?
Je me pose la question depuis quelques mois. Depuis que j’ai posé un Reachy Mini sur mon bureau pour donner vie à mes agents, et que j’ai redécouvert la robotique pour la première fois depuis l’école (c’était au siècle dernier 🤓).
Cette semaine, le manifeste de Raphaël MANSUY (l’illustration de cet article, lien en commentaire) m’a donné une partie de la réponse.
Sa thèse tient en un mot. Microsoft a baptisé son outil “Copilot” en 2023. C’était (peut être) juste à l’époque. Ce n’est plus le cas en 2026.
Parce qu’aujourd’hui, c’est l’agent qui tient le volant. Et nous, nous sommes dans le second siège. Raphael pousse plus loin : nous sommes en mission control. Au-dessus du véhicule.
Dans l’épisode 33, je m’arrêtais sur la nuance entre “human in the loop” en bout de chaîne et “human in the loop” qui structure. Ici c’est plutôt « human above the loop”. Pas dans la boucle, avant ou après, au-dessus.
Mais voilà, cela mène à une conclusion radicale : « L’âge des agents autonomes est l’âge de moins d’humains, plus qualifiés. Les médiocres seront effacés. Les maîtres seront amplifiés. Il n’y a pas de milieu. »
PAS DE MILIEU.
C’est là où je nuance.
Dans l’épisode 25, je défendais les séniors face à l’IA. Je tiens encore aux mots de l’époque.
Il y a un cas que je n’avais pas pensé alors, et que je vis aujourd’hui : que se passe-t-il quand l’expert redevient apprenant ?
C’est mon cas (si tenté que je sois expert de quelque chose). Je n’apprends pas seul. J’apprends avec Claude. Mais Claude apprend aussi avec moi, de mes intentions, de mes analyses de projets similaires, des erreurs qu’il fait et que je corrige. Nous co-écrivons le chemin.
Le mot “copilote” reprend alors un sens plus juste. Celui qui tient le cap pendant que l’autre tient le volant, et qui apprend la route en même temps qu’il la fait parcourir (même s’il nous arrive de faire des reconnaissances).
C’est ma première nuance. Voici la seconde.
Raphael s’arrête au binôme. C’est cohérent pour un développeur seul devant son agent. Un rallye ne se fait pas en binôme. C’est une écurie. L’écurie rend possible la performance.
C’est le challenge que beaucoup d’équipes vivent, comment construire cette écurie ?
Les organisations ont acheté la voiture. Sans l’écurie, elles finissent dans le décor.
Le code est juste en avance. Mais ce que les équipes tech vivent cette année, les autres métiers le vivront bientôt.
Et la bonne nouvelle, peut-être, c’est qu’on peut y entrer en apprenant. Pas seulement en sachant déjà. À condition de savoir où on veut aller.
L’IA ne révèle pas qui sait coder.
Elle révèle qui sait tenir un cap, même quand on découvre la route.
😎
Merci à Raphael Mansuy pour cet article, je vous recommande de le lire, tant il va bien plus loin que mes quelques mots.
