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Série
Will AI Fix Work ?
Numéro
Épisode 37
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Où il est question de qui détruit vraiment les emplois.

… où il est question de qui détruit vraiment les emplois.

« À l’issue de votre mission, pourriez-vous nous dire si l’IA va nous permettre de réduire la masse salariale ? »

Cette question, je l’ai eu plusieurs fois. Posée en aparté, parfois en plein comité, jamais ouvertement. Et chaque fois, je crains pour ma démarche 🤔.

Tristan Kromer publie cette semaine un article qui illustre cela. Pour lui, les mandats IA descendants ne sont pas une stratégie. Ce sont des avis de licenciement avec quelques étapes en plus.

Les exemples qu’il aligne sont sans appel.

- Klarna annonce en 2024 que l’IA peut remplacer 700 agents de support. En 2025, l’entreprise rembauche discrètement : la qualité s’était effondrée.

- Duolingo indexe ses évaluations de performance sur l’usage de l’IA en avril 2025. Un an plus tard, le CEO fait machine arrière : il ne forcera plus personne.

- Meta, plus baroque encore : un dashboard interne classe les plus gros consommateurs de tokens. Le numéro un a brûlé 1,4 million de dollars d’API en trente jours. Le tableau de bord est supprimé 48h après sa découverte.

Au passage, ce chiffre rappelle une réalité que la promesse de productivité a tendance à esquiver : l’IA n’est plus gratuite.

Le token a un prix, et plus on automatise, plus la ligne “IA” du budget grossit.

La question “l’IA va-t-elle réduire ma masse salariale ?” oublie souvent que l’IA, elle-même, devient une masse à part entière 😏.

Pendant ce temps, en Chine, des travailleurs sabotent activement la documentation que leurs employeurs veulent injecter dans l’IA. Ce ne sont pas des paranoïaques. Ce sont des gens qui ont correctement lu le message.

Revenons à la proposition, installer l’IA à un événement que le travail produit déjà est un bon vecteur d’entrée, et j’aime à l’utiliser (je commence d’ailleurs souvent par ça), cela rend l’IA acceptable, en marge du travail, sans menacer personne. Mais il n’ouvre pas l’accès à la valeur que l’IA pourrait débloquer si on osait repenser la manière dont on conçoit le travail lui-même.

C’est confortable. C’est insuffisant.

Mardi il y avait l’édition annuelle du Lead Innovation Day. Les réactions suite à cet événement sont plutôt positives et on s’en réjouit côté organisation 😎. Parmi les différents posts qui ont suivi, j’en retiens deux.

Celui de Stéphane Hugon prolonge bien la réflexion. Sa proposition n’est pas de mieux positionner l’IA. C’est de changer la question qu’on se pose. Cesser de demander « que peut faire cette technologie ? » et commencer à demander « de quoi avons-nous besoin ? ». Il appelle ça stratégiser la technologie, plutôt que la subir.

Celui de Romain Dutour avec en intro une phrase choc : « Ce ne sont pas les IA qui vont détruire des emplois. Ce sont les entreprises. »

L’IA ne répare pas le travail. Et elle ne le détruira pas non plus.

C’est votre organisation qui le fera et vos équipes l’ont déjà entendue 😎.