- Série
- Will AI Fix Work ?
- Numéro
- Épisode 14
- Publié le
Où il est question de la place de l’IA dans notre quête d’efficacité !
… où il est question de la place de l’IA dans notre quête d’efficacité !
Une évidence semble de mise, plus d’IA au travail pour plus d’efficacité ? Pas si vite. Les conflits de valeurs freinent son adoption. Une négociation s’impose. C’est ce que je retiens de Yann FERGUSON et Emmanuel Ea lors du webinaire du LaborIA de lundi animé par Julia Savalli.
L’introduction de l’intelligence artificielle dans les entreprises révèle un affrontement silencieux entre deux visions.
- D’un côté, la rationalité gestionnaire vise l’optimisation et la productivité.
- De l’autre, la rationalité du travailleur cherche à préserver son expertise et son identité professionnelle.
Ce choc des perspectives engendre des situations paradoxales. Par exemple, l’automatisation des tâches répétitives, censée libérer les employés, peut être perçue comme une menace. Certains y voient une dévalorisation de leur savoir-faire ou une perte d’autonomie.
L’empowerment paradoxal illustre également cette tension.
L’IA peut à la fois révéler et remettre en question les compétences humaines. Elle montre la complexité de certaines tâches tout en les exécutant parfois mieux que l’homme. Cette dualité déstabilise les travailleurs et remet en cause leur sentiment d’utilité.
Dans ce contexte, des configurations aliénantes émergent. L’effet de contentement pousse certains à se satisfaire des résultats de l’IA sans esprit critique. À l’inverse, l’excès de prudence conduit d’autres à tout vérifier, annulant les gains de productivité.
Les organisations doivent donc repenser leur approche avec, idéalement, comme question centrale : qu’est-ce qu’un travailleur est capable de faire et d’être au temps de l’IA au travail ?
Une forme de dialogue social-technologique qui apparaît comme une piste prometteuse.
Il s’agit d’impliquer tous les acteurs dès la conception des projets d’IA. Définir ensemble les objectifs, anticiper les risques et expérimenter progressivement permet de construire des solutions acceptables par tous.
Cinq recommandations guident ce dialogue :
- Intégrer les systèmes d’IA à partir du travail réel,
- Co-concevoir en continu les systèmes d’IA,
- Développer des systèmes d’IA qui sécurisent les travailleurs,
- Élaborer une explicabilité située des systèmes d’IA,
- Considérer l’imprévisibilité des situations de travail avec les systèmes d’IA.
Nous nous heurtons là une fois de plus à la culture de l’entreprise. Un environnement participatif favorisera l’appropriation, tandis qu’un cadre directif risque de renforcer le sentiment de perte d’autonomie.
L’objectif reste avant tout de créer des systèmes d’IA qui augmentent les capacités humaines plutôt que de les remplacer.
Le défi reste entier 🤯.
