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Série
Will AI Fix Work ?
Numéro
Épisode 30
Publié le

Où il est question de savoir qui on est, quand, ce qui nous faisait, disparaît.

… où il est question de savoir qui on est, quand, ce qui nous faisait, disparaît.

10,42$ de l’heure.

C’est le prix du développement logiciel aujourd’hui annoncé dans cet article de Geoffrey Huntley lu ce matin.
Oui, en euro, c’est moins qu’un salaire minimum.

Si vous pensez que seul les développeurs sont concernés et que votre métier est épargné, vous vous trompez.

Revenons à l’analyse froide, sans concession, sur ce que nous vivons réellement, publiée par Geoffrey Huntley.
Pas une prédiction.
Une observation en temps réel.

Le développement logiciel n’est pas en train de se transformer : il vient d’être commoditisé.

Ce n’est pas la crise que tout le monde redoutait. C’est pire.
Parce que la vraie disruption que nous vivons n’est pas économique, elle est identitaire.

Cette quatrième blessure narcissique souvent évoquée.

J’accompagne ponctuellement des organisations dans leur rapport à l’IA. Ce que je vois systématiquement n’est pas de la résistance au changement. C’est l’absence de réponse à une question que personne n’ose poser à voix haute : qui suis-je si ce que je fais peut être fait par l’IA ?

“Je suis développeur.” “Je suis manager.” “Je suis expert.”

Ces phrases ne sont pas que des titres de postes. Ce sont des identités construites sur des années, parfois des décennies. Et l’IA ne les menace pas, elle les rend obsolètes en silence.

Les 4 piliers de l’Empowerment de Spreitzer - sens, compétence, autodétermination, impact - dont j’ai déjà parlé, sont précisément ce qui est attaqué.

Ce que j’observe sur le terrain, et que peu de consultants vous diront : Les organisations qui échouent leur transformation IA ne manquent pas d’outils. Elles manquent d’une réponse honnête à cette question : quelle est votre intention dans cette transformation ? et, au-delà des outils êtes vous prêts à garantir, voire aider vos équipes à reconstruire leur identité professionnelle ?

Ce n’est pas la même chose. Et la confusion entre les deux va coûter très cher.

L’IA ne détruit pas les compétences. Elle révèle celles qui n’auraient jamais dû devenir des identités. Ce qui résiste — formuler le bon problème, porter un jugement, incarner une éthique — ça, personne ne l’achète à 10$ l’heure.

Et pendant que vous y réfléchissez, Armand Ruiz (que je vous invite à suivre également) pose une question encore plus inconfortable sur la responsabilité des managers, avec une conclusion radicale : “Si votre équipe est trop occupée à faire son ‘travail normal’ pour expérimenter l’IA, vous la préparez à être remplacée.”

Redonner du temps n’est pas un luxe managérial. C’est la condition sine qua non pour que la transformation soit humaine plutôt que subie.

Parce que nous sommes tous redevenus des débutants.
Et les débutants ont besoin de temps pour apprendre.

Alors qui voulez-vous être quand l’IA fera votre travail ?